Dans les coulisses de la nouvelle campagne.
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Deux jours de tournage et un mot d'ordre : que rien n'ait l'air posé. Récit de l'envers du décor de la campagne New Era.
Le premier jour, il a plu. C'est la meilleure chose qui pouvait arriver : la lumière est devenue grise, dense, exactement celle des maquettes épinglées au mur du studio depuis mars. Toute la campagne New Era est construite sur cette matière-là : un noir qui absorbe, un crème qui retient.
Une équipe de sept
Nous tournons volontairement en équipe réduite : une photographe, une styliste, une coiffeuse, deux assistants, deux mannequins. Pas de moniteur de contrôle autour duquel s'agglutiner, pas de plan de coupe. Quand le geste est bon, tout le monde le sait sans regarder l'écran.
Le luxe, sur un plateau, c'est le silence. On entend le vêtement bouger.
Le blazer structuré a été photographié en premier, dès sept heures. Il donne le ton de la série : épaules dessinées, rien d'aimable. La veste de fausse fourrure noire arrive en fin de journée, quand la lumière tombe. Elle mange ce qui reste du jour.
Ce qu'on garde, ce qu'on jette
Sur neuf cents images, la campagne en retient onze. Le tri est brutal et c'est le but : une image qui a besoin d'être défendue n'est pas une image de campagne. Celles qui restent ont un point commun : on n'y voit pas la pose, on voit une femme qui allait quelque part.





